La galerie

La marqueterie Boulle : explications

La marqueterie Boulle est une technique d’ébénisterie qui associe le métal — laiton ou étain — et l’écaille de tortue pour composer le décor des meubles. Elle doit son nom à André-Charles Boulle, ébéniste du roi Louis XIV, et connut un très vif regain de faveur au XIXe siècle, sous Napoléon III : c’est cette production du Second Empire que présente la galerie.

Un nom, pas une invention

André-Charles Boulle (reçu maître-ébéniste en 1664, installé dans la galerie du Louvre et titré premier ébéniste du roi) a donné son nom à ce type particulier de marqueterie faite d’écaille de tortue, de nacre et de laiton — bien qu’il n’en soit pas l’inventeur. La technique fut probablement créée par des artisans hollandais au deuxième quart du XVIIe siècle, le placage de marqueterie étant quant à lui utilisé par les Florentins dès le début du XVIe. Les motifs des créations de Boulle sont souvent empruntés à l’ornemaniste Jean Berain, dessinateur de la chambre et du cabinet du roi. Nous consacrons un article complet à André-Charles Boulle.

La découpe simultanée, dite « tarsia in incastro »

Le principe de la marqueterie Boulle — appelé « tarsia in incastro », c’est-à-dire marqueterie par encastrement — est d’une grande difficulté d’exécution. Il consiste à découper ensemble, selon un dessin préalable, une feuille de métal et une feuille d’écaille collées face à face.

Une fois les feuilles séparées, les morceaux d’écaille et de métal s’encastrent exactement les uns dans les autres, puisqu’ils sont issus du même trait de scie. Une seule découpe produit ainsi deux décors semblables, mais non identiques.

Première partie et contre-partie

Dans le premier décor, le métal forme le fond et l’écaille le motif : c’est la marqueterie dite en première partie. Dans le second, l’écaille forme le fond et le métal le motif : c’est la contre-partie. C’est la raison pour laquelle la plupart des meubles Boulle ont été réalisés par paire, un meuble en première partie répondant à son pendant en contre-partie.

Les matériaux

L’écaille de tortue est une matière noble, utilisée depuis l’Antiquité, fascinante par ses reflets variant du miel au brun foncé et par sa transparence. Les plus belles écailles proviennent de la tortue caret. C’est dans l’ameublement de Louis XIV, et en particulier chez Boulle, qu’elle trouve en France sa plus grande utilisation : l’écaille est teintée par des colles, ou posée sur un support peint dont la couleur joue à travers sa transparence.

Le laiton, alliage de cuivre et de zinc que l’on appelle aussi « cuivre jaune », est appliqué en fines plaques dans les marqueteries Boulle. L’étain, considéré comme un métal précieux dans les premières civilisations, y fut également employé dès le XVIIe siècle, en remplacement de l’argent. Certaines marqueteries Boulle font aussi appel à la corne ou à la nacre. Nous détaillons toutes ces matières dans notre article sur les matériaux utilisés en marqueterie.

Du Grand Siècle au Second Empire

Somptueux sous Louis XIV, le style Boulle fut remis à l’honneur par les grands ébénistes parisiens de l’époque Napoléon III, qui reprirent la technique de la découpe simultanée et ses décors de laiton et d’écaille sur les meubles d’appui, bureaux, vitrines et objets précieux du Second Empire. Ce sont ces meubles, en première partie ou en contre-partie, que vous retrouverez dans notre catalogue.

Pour préserver une marqueterie Boulle dans le temps, consultez également nos conseils dans l’entretien des meubles Boulle Napoléon 3.